Depuis toute môme, je me sentais l’âme « d’une sauveuse « …sans aucune prétention puisque cela m’apparaissait simple et normal !

À la maison, je passais pour une excentrique…puisque je pleurais chaudement lorsqu’en rentrant de l’école, je trouvais, un moineau, mon hamster, le chien ou le chat blessé ou mort ! Je les enterrais dans le jardin, en plaçant une petite croix que je confectionnais avec deux morceaux de bois ! ( comme dans le film jeux interdits) Je ne dormais pas de la nuit après cela… j’inventais des prières et je me sentais à la fois, abandonnée, en peine, trahie…et même en colère !
La mort me paraissait impitoyable, sans merci …elle intervenait dans la vie comme elle voulait, sans crier gare, sans se soucier du chagrin dans lequel elle me laissait …et que j’allais vivre seule en incomprise !
J’ai beau être devenue adulte, la mort d’un aimé, reste provocatrice…elle nous oblige avec force à s’incliner, elle devient glorieuse, elle a tous les pouvoirs…il nous faut alors vivre « les plus jamais « ,poursuivre notre chemin en portant un trop lourd chagrin … elle coupe court à nos rêves, à nos projets, nous ramenant dans l’humilité, à notre condition humaine, à notre chemin terrestre…dont elle détient la clef !
Elle nous lâche dans la peine, avec la trace de l’autre dans notre coeur … elle est la gagnante d’un jeu dont on ne connaît pas vraiment les règles, elle a donc « forcément raison » et de fait, ne nous laisse aucune place pour la colère !
C’est peut-être pour éviter cette inutile colère, que j’ai appris à me glisser dans l’Amour moi qui rêve encore aujourd’hui …à une vie sans fin !
Léachel